Tant chez les exécutifs que dans les salles de montre, qu’est ce qui ressemble plus à un « gars de chars » qu’un autre « gars de chars » ? En autant qu’il soit « Bleu » vous dira-t’on ! Oui, « Big Blue », en d’autres mots « GM », menait le marché par le bout du nez, jusqu’à récemment où la faillite a fait baisser plus d’un menton à Détroit !
Ressuscitée par l’administration américaine, Obama en tête, on a accepté de financer la relance des bons actifs et de faire faillir les mauvais actifs pour permettre à GM, et au bon peuple, de profiter d’une deuxième chance de fabriquer des voitures « made in U.S.A. ». À part Wall Street et ses grandes banques, personne n’a eu ce privilège au cours de l’histoire.
Plusieurs observateurs attribuent le déclin de GM à une mauvaise administration. D’autres estiment que c’est le manque de vision qui a tué le manufacturier. Certains sont convaincus que la déclinaison de modèles issus de la même plate-forme et commercialisés sous plusieurs marques sans aucune modification autre qu’un logo a déçu les acheteurs, surtout que la majorité des véhicules n’étaient pas à la hauteur des attentes du marché et de la qualité des produits de la concurrence.
Pendant vingt ans GM a écoulé ses stocks de véhicules grâce à des programmes incitatifs plus généreux les uns que les autres. GM a fait preuve de beaucoup de créativité dans l’art de dilapider des profits en offrant des remises et toutes sortes de rabais et promotions qui ne pouvaient pas se justifier sur le long terme.
Au cours de la même période, les japonaises et les européennes, suivies depuis peu par les coréennes, ont offert des véhicules économiques, fiables et reconnus pour leur forte valeur de revente, assainant ainsi un retentissant Knock-Out aux grands penseurs de Détroit qui, eux, « savaient comment commercialiser des voitures et des camions légers »!
GM se relève à peine de sa faillite que l’on observe à nouveau la manie de concocter des programmes de liquidation de véhicules. Peu importe le marché, Détroit ou ailleurs, la grande idée pour vendre des véhicules se résume à « donner un rabais aux acheteurs de véhicules de marque GM ». Comme si c’était impossible de vendre autrement ?
Qui plus est, GM a une voiture qui se vend bien, un vrai succès commercial, sa toute récente CRUZE de CHEVROLET. Que fait GM quand elle a un véhicule à succès ? Elle fait des copies pour les autres marques de son porte-feuille. BUICK aura sous peu une CRUZE un peu plus luxueuse, plus BUICK. CADILLAC aura sa CRUZE au moteur plus puissant, des panneaux imitation de bois et tout le tralala synonyme de « haut de gamme ». Il n’en demeure pas moins que dans le fond, c’est toujours une CRUZE, mais avec un écusson différent. Cette approche les a tué entre 1985 et 2005. Alors pourquoi la répéter ?
Chez GM on dirait que l’expression « Chassez le naturel, il revient au galop ! » a été inventée pour lui faire comprendre qu’elle ne pourra pas s’en sortir à long terme. La Chine sauve la mise à GM actuellement. Le marché chinois ne maintiendra pas éternellement sa vigueur et son volume actuel, les experts le prédisent.
Que fait GM ? À part la CRUZE, GM fabrique et commercialise les plus gros véhicules, les plus énergivores et les plus mal assemblés sur le marché nord-américain. Sa survie et son succès dépendent de sacrifices financiers. GM a une vision trimestrielle. La direction de GM n’a, de toute évidence, aucune idée de la stratégie qu’il lui faudrait pour se relever et devenir la plus grande marque du marché de l’automobile.
Contrairement à TOYOTA qui a eu la noblesse de faire son acte de contrition, de FORD qui a changé tous ses produits en fonction d’une meilleure consommation d’essence et fabrication, HYUNDAI qui a décidé de fabriquer les plus belles et plus fiables voitures économiques, GM continue sa croisière et garde le cap. Tout comme l’a fait le TITANIC dit l’insubmersible. Chez GM, l’arrogance, la suffisance et la condescendance sont à l’ordre du jour.
Souhaitons à GM de ne pas s’échouer sur le premier obstacle, un rappel majeur par exemple. Cela pourrait lui être fatal, malgré ce qu’en pense la direction !
GM survivra-t’elle ? Non, si elle ne change pas GM échouera. Et de nouveau l’on dira « mais que s’est-il donc passé pour que GM fasse faillite à nouveau ? »